samedi 8 mars 2014

1970 : La Guerre des sexes



Publié en 1970 aux Éditions Publications Premières, collection « En marge » dirigée par Raymond Abellio.
284 pages.

En exergue : « En tant que femme qui se bat pour les femmes, je dédie ce livre à mon mari qui m'a aidée à devenir moi-même. Nous vivons la paix des sexes. / M. C. ».

Et une citation de J.-J. Bachofen « A notre supériorité physique, la femme oppose sa vocation religieuse ; à nos violences, sa paix ; à nos rivalités sanglantes, son esprit de conciliation ; à nos haines, son amour. »


Quatrième de couverture.


Table des matières :

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE : LE FÉMININ EXISTE-T-IL ?

1. BIOLOGIE ET PHYSIOLOGIE DE LA FEMME
1. Un critère, S.V.P.
2. Cette bonne vieille physiologie
3. Les formes changent
4. On devient ce qu'on se pense
5. Le modèle de Judas
6. Le stéréotype des menstrues
7. Le mythe du sang
8. Conditionnement biologique
9. Les expériences sur les glandes endocrines
10. Bisexualité

2. LA SEXUALITÉ FÉMININE
1. Pourquoi libido au masculin ?
2. Le clitoris
3. Les différentes formes d'orgasme
4. Les corpuscules de la volupté
5. Le vagin
6. Le col de l'utérus
7. Les cinq orgasmes
8. Le rythme des orgasmes
9. Le cinquième orgasme
10. L'orgasme pré-génital
11. L'orgasme extase
12. Les rythmes planétaires

3. LA PHALLOCRATIE DE FREUD
1. L'Oedipe des filles
2. L'anatomie est-elle vraiment le destin ?
3. Les 3 K
4. La femme contre la culture
5. Nous, les F-H-Ames
6. Les professions des femmes
7. Entre deux mondes
8. Les élèves de Freud
9. Les hommes veulent être mères
10. Le mépris et le mythe
11. Le surmoi collectif
12. L'homme marginal
13. C.G. Jung et les archétypes de la féminité

4. SOCIOLOGIE DES RAPPORTS HOMME-FEMME
1. Conditionnement dit « Culturel »
2. Le complot culturel
3. La famille et la horde
4. La gynécocratie
5. La confraternité utérine
6. La paix et l'amour

5. L'ANDROGYNE ORIGINEL
1. Les quatre différences entre elle et lui
2. Les deux modes de la connaissance
3. Valeurs de guerre
4. La guenon de Köhler
5. Les valeurs de merci
6. Les deux modes de masturbation infantile
7. La vie est une faute d'asepsie
8. Où allons-nous ?


DEUXIÈME PARTIE : HISTOIRE DES MÈRES

6. LA GRANDE MÈRE
1. La fonction sacrée de la mère
2. L'adoration de l'arbre
3. Les mots témoins
4. L'arbre-mère de mai
5. Les Vénus de la Gravette
6. La Magna Mater
7. Le passage du matriarcat au patriarcat
8. Les déesses en Israël
9. Habiru et Canaanéens
10. Les Baals
11. L'héritage de la Sophia
12. Les mères

7. DE LA PROSTITUTION SACRÉE A LA PROSTITUTION PROFANE
1. Le sexe prude
2. La lutte contre l'inceste
3. Dionysos et Apollon
4. L'échec d'Oedipe
5. La complicité de la mère
6. L'orgueil de l'homme seul
7. La recherche du plus grand amour
8. L'énergétique sexuelle
9. Le tantrisme
10. Yonisation et ionisation
11. L'utérus contre la mort
12. Le retour à l'utérus
13. La magie sexuelle
14. Courtisanes sacrées
15. L'acte gratuit
16. La scission de l'amour
17. Aimer son prochain
18. L'énigme de la virginité
19. Le délégué du dieu qui rompt l'hymen
20. La danseuse sacrée
21. Ce droit de cuissage
22. L'amour et la haine
23. La castration des prêtres
24. Les Galles de la Grande Déesse
25. Toujours l'androgynat
26. Le grossier et le subtil
27. L'erreur de la chasteté imposée
28. La dégradation du culte matriarcal

8. L'ACTION PSYCHOLOGIQUE DES VAINQUEURS
1. Ce qui fut sera
2. Les muscles et le religieux
3. Le changement de cartouche
4. Le refoulement organisé
5. La « démystification »
6. La couvade
7. Changement de rites et de pôles
8. Le jour et la nuit
9. Le renversement des valeurs
10. Changement de morale
11. L'avilissement de l'amour
12. Derrière la tétralogie
13. Le duel avec le dragon
14. Du taureau crétois au Veau d'Or
15. Les mauvais mariages
16. Les Argonautes
17. Arganatha
18. Les graphiques de Trêve
19. Philémon et Baucis

9. LA VIERGE MARIE
1. La mariologie
2. Qui est Marie ?
3. Elle aurait pu dire non
4. Les valeurs féminines de Marie
5. ... Maintenant et à l'heure de notre mort
6. La vierge androgyne
7. Le culte marial du XIIe siècle
8. Qui était la dame du chevalier ?
9. La dynamique de l'utérus
10. Les cours d'amour
11. La chevalerie
12. La réponse poétique
13. Le dernier éclair du romantisme
14. L'animation réciproque
15. Une muflerie sans épithète
16. La sur-découverte de Dieu
17. Le troisième terme du Verseau

10. LA FEMME DANS LE MONDE D'AUJOURD'HUI
1. La naissance du féminisme
2. Le nouvel esclavagisme
3. L'antinomie du travail féminin
4. En recul
5. L'accouchement d'une ouvrière gauloise
6. Les années sabbatiques de la maternité
7. Les Américaines sont malheureuses
8. Le féminisme violent
9. Le paradoxe des femmes américaines
10. Elles ont voulu être des hommes
11. Le refoulement des valeurs sacrées
12. Qu'est-ce l'antisexisme ?
13. Perdre sur les deux tableaux
14. Indira Gandhi
15. Golda Meir
16. Le défi
17. Le point de vue démocratique
18. La lutte pour le suffrage
19. Le vote est une arme terrible
20. Le point de vue cynique
21. Des cols bleus aux cols blancs
22. Les faits féminins
23. Enfant ou carrière ?
24. La maternité-vocation
25. Les valeurs de la compétition


CONCLUSION
1. Le début et la fin
2. De la bisexualité à l'androgynat
3. Les mythes sexuels
4. L'androgyne de la Genèse
5. L'androgyne Hindou
6. La bisexualité chez Freud
7. La bisexualité chez Jung
8. Le péché de morcellement
9. L'amour platonique et le tantrisme
10. Le mythe des âmes-sœurs
11. La société de violence
12. Choix
13. La paix des sexes est-elle pour demain ?
GLOSSAIRE


vendredi 24 janvier 2014

1966 : Moïse



Publié en 1966 aux Éditions du Mont-Blanc.
334 pages.

En exergue : « Ce livre ne serait pas né si mon vieil ami Bernard Steele n'avait fait jaillir l'étincelle. Il m'a dit : « Avec les clefs que vous avez découvertes dans l'Être et le Silence vous nous devez maintenant l'initiation de l'Exode. »
Par quelle miraculeuse intuition, issue de quelles profondeurs, avait-il deviné que j'étais mûre pour écrire cet ouvrage ? Ainsi Bernard Steele est le père de mon enfant. Je le remercie d'avoir veillé sur ses premiers pas, comme il encouragea la mère les soirs terribles ou le vertige sacré vous saisit devant les hauteurs du Sinaï.
Combien je serais ingrate pourtant et combien injuste si je ne disais toute mon affectueuse reconnaissance à André Chouraqui, dont les conversations érudites ont éclairé mon travail. Pour la mystique juive, il n'est pas de guide plus sûr que l'admirable interprète des Psaumes. Je le remercie infiniment d'avoir bien voulu relire mon manuscrit.
Moïse a toujours eu de la chance.
M. C.
».

Quatrième de couverture : « De Maryse Choisy, on n'attendait pas un Moïse de confection. Elle a dépoussiéré le plus grand personnage de la Bible pour le faire revivre dans sa réalité concrète, et rendre présent à notre temps ce héros de l'aventure humaine.
Prophète, législateur, conquérant. Moïse a délivré Israël captif en Égypte et l'a mené à travers le désert à la Terre promise. Pour des millénaires, il a modelé un peuple et son destin. Il est à la source de trois grandes religions d'aujourd'hui.
Moïse a reçu sa mission de l’Éternel qui lui parle face à face, mais il est un homme pleinement engagé dans la condition terrestre. La mort est pour lui une terrible épreuve, à la mesure de son amour passionné de la vie. Il la surmontera par le « baiser de Dieu ».
Le récit, porté par un style aérien, où le familier se marie à l'insolite et au merveilleux, où tout a la fraîcheur de ce qui est dit pour la première fois, se déroule à la façon d'un conte de fées. Il est, à chaque pas, chargé de symboles. Un commentaire philosophique, qui fait sa juste part à la psychanalyse, en dégage les significations.
Les fidèle de Maryse Choisy retrouveront ici le meilleur d'elle-même : la sensibilité poétique, la chaleur humaine, la vivacité d'un esprit nourri d'une culture encyclopédique.
Pour pénétrer le mystère de la révélation en Israël - qui est, avec l'Inde, un des pôles spirituels de l'humanité - Maryse Choisy se sert des clefs qu'elle a découvertes dans L'Etre et le Silence en interprétant les grands mythes de l'histoire, ces documents de l'âme. Elle taille dans la tradition, pour l'homme de demain, une conception neuve et salutaire de la relation au Cosmos. »

Prix Lamennais 1967 (récompensant un ouvrage de caractère spiritualiste)


Le livre et la critique :

X. Tilliette in Etudes, avril 1967, p. 593 :
Le Moïse marque une date dans la production riche et variée de Maryse Choisy. Stimulée par une suggestion amicale, Mme Choisy s'est enflammée pour la haute figure patriarcale, elle a dépouillé la littérature mosaïque, mais pour secouer ensuite les entraves de la critique et de l'érudition. Elle croit à la sur-vérité des mythes et à leur cumul. On la soupçonnerait même d'en rajouter, si 35 pages de notes et de références ne venaient attester le sérieux du travail préparatoire. Le résultat est un livre à nul autre pareil, un portrait étrangement bariolé, qui saisit et déconcerte à la fois, une œuvre profondément originale dont l'intention est presque initiatique. Là où la Loi avait abondé le merveilleux et le fantastique surabondent. Maryse Choisy a découvert au désert du Sinaï une nouvelle source de Jouvence intellectuelle, et son talent bien connu s'en est trouvé heureusement fertilisé. Ce beau livre aura des suites, n'en doutons pas.

mercredi 22 janvier 2014

1965 : L'Être et le Silence



Publié en 1965 aux Éditions du Mont-Blanc.
516 pages.

En exergue, une citation de Fustel de Coulanges : « Crates disait que sa patrie à lui c'était le mépris de l'opinion des autres ».

Ouvrage dédié « A MAX / En l'année des noces d'argent. / M. C. »


Quatrième de couverture.


Table des matières :

Note liminaire.


PREMIÈRE PARTIE : LES PROBLÈMES


Chapitre premier. L'ANGOISSE DE LA MORT
1. La mort chez les Anciens
2. La résurrection
3. L'angoisse secrète des incroyants
4. Le pari de Pascal
5. Les purgatoires
6. La mort chez les poètes
7. Le refoulement de l'Occident
8. Sentiment d'insécurité
9. La cassure du Moi
10. L'angoisse de la mort dans le T.A.T.
11. Les cinq masques
12. Le jugement de Salomon
13. Le rire : fonction de défense


Chapitre deuxième : LA VIE DANS NOTRE UNIVERS
1. Le point fixe d'Archimède
2. Les quanta
3. Le paradoxe onde-corpuscule
4. Le principe de complémentarité de Bohr
5. L'électron sans causalité
6. Le principe d'incertitude de Heisenberg
7. Énergie et énergies
8. Champs électromagnétiques
9. Particules élémentaires
10. Les particules étranges
11. Le temps renversé
12. La bataille du général chinois
13. L'anti-matière
14. Quanta psychiques ?
15. Principe d'exclusion de Pauli
16. Découvertes de 1964 : grand Oméga moins
17. Nouvelle classification de Gell-Mann
18. L'hypothèse du « tirant de bottine »
19. Ordre et désordre
20. L'entropie
21. La conscience
22. Le zéro
23. La thanatologie
24. Etrifier


Chapitre III : L'HOMME SOCIAL ET L'HOMME UNIVERSEL
1. Conte chinois
2. Qui est coupable ?
3. Conte caucasien
4. Le rasoir de l'homme moderne
5. La peur de la liberté
6. L'action psychologique
7. Adaptation au réel
8. Dialectique existentielle
9. La guenon de Kohler
10. Le problème fondamental
11. Wo Es war, soll Ich werden
12. L'objectif et le réel
13. Les deux réponses


PARTIE II : LES RÉPONSES


Chapitre IV : LES RELIGIONS, LES MORALES ET LES RITES
1. Besoin de morales
2. Dé-gradation des mystiques
3. La prière de Henri VIII
4. La morale des amours de David et Bethsabée
5. Involution
6a. Aller-retour
7. Hou-man ou humanité
b. Évolution vers l'en haut
c. L'en-avant
d. L'oblique géniale de Teilhard
8. La réponse du Verbe
9. Les Écritures
10. La séparation des genres
11. La religion
12. Vir = héros
13. L'âge politico-agressif
14. La domination
15. La colère
16. L'agressivité
17. L'agressivité chez le prêtre
18. La foi
19. La foi sans foi
20. Du révélé au juridique
21. Le problème du mal
22. La souffrance-épreuve des théologiens (Job)
23. La souffrance chez les Hassidim
24. La souffrance-illusion de Ramana Maharshi
25. Le mal chez Teilhard de Chardin
26. Les morales inversées
27. L'art pour l'art
28. Les rites
29. La névrose obsessionnelle
30. Les rites conservent
31. Le cercle se referme


Chapitre V : LE DÉFI DU RATIONNEL
1. Descartes était-il cartésien ?
2. Le temps des angoisses
3. Malentendu abstraction-disponibilité
4. Le retournement
5. Descartes et Bacon
6. L'angoisse cartésienne
7. Le doute méthodique
8. Le mur entre l'abstrait et le vécu
9. Le scientisme
10. Les vérités mortes
11. Le mécanisme de défense des adolescents
12. L'échec de la logique à deux dimensions
13. La gérontologie
14. La caserne des gérontologues
15. The need to be needed
16. Écologie des vieux
17. Qui est floué ?


Chapitre VI : LA PIOCHE DE FREUD
1. Freud vint
2. Le diable qui mène à Dieu
3. Découverte de l'inconscient
4. L'angoisse freudienne
5. Les Parques
6. Le goût du merveilleux
7. Freud et Jung
8. L'homme assis et l'homme couché
9. Les mécanismes de défense
10. Le rationalisme de Freud
11. La recherche de l'immortalité
12. Au-delà des instincts de mort
13. Les disciples de Freud
14. Les deux nirvânas
15. La distance
16. Les rythmes de la croissance
17. La croissance du troisième âge
18. Détachement
19. L'impasse


PARTIE III : LES INITIATIONS


Chapitre VII : ÉROS CONTRE THANATOS
1. Le chien de la Marquise
2. La lutte contre la mort
3. Les rites funéraires
4. Accroissement de vie au seuil de la mort
5. Tristan et Yseult
6. L'orgasme-agonie
7. Le cinquième orgasme
8. L'orgasme-extase
9. L'érotisme sacré de l'Ind
10. Le champ électromagnétique
11. Le cinquième orgasme chez l'homme
12. La magie sexuelle
13. Les sexes devant l'humain et le social
14. L'énergétique sexuelle
15. La sublimation
16. Le Cabda yoga
17. Le mariage sacré
18. L'amour chez P. Teilhard de Chardin
19. Le baiser à Moïse


Chapitre VIII : LA RÉSURRECTION DANS L’UTÉRUS ET LES QUESTES
1. Le destin
2. Traditions
3. Résurrection dans l'utérus
4. Le taureau
5. Le serpent
6. Combat du héros contre le dragon
7. Le héros
8. Le héros solaire
9. HÉRACLÈS
10. Les douze travaux
11. Épreuves dangereuses
12. Les voyages
13. La descente aux Enfers
15. Les pommes des Hespérides
16. THÉSÉE
17. ŒDIPE
18. La fondation de Thèbes
19. La malédiction d'Œdipe
20. La sphinx
21. Le mariage du héros
22. Le complexe d'Œdipe
23. Le commentaire de Nietzsche
24. Les masques de Dionysos
25. La complicité de la mère
26. La théorie de Bachofen
27. L'initiation inachevée
28. LES ARGONAUTES
29. Arganatha
30. ORPHÉE
31. Descente aux Enfers
32. Eurydice et le doute
33. La théophagie
34. L'orphisme yoga du Verbe
35. NARCISSE
36. Mythe de l'advaïta [l'adualité]
37. Le reflet chez Roumi

Chapitre IX : FORCES ET FAIBLESSES DU MONDE MODERNE
1. Initiations sociales
2. Bona Dea
3. L'initiation d'Horace
4. Les Pères de l’Église
5. La chevalerie
6. La réponse poétique
7. Le spectacle
8. L'ange de l’œuvre
9. Initiations modernes
10. Les dieux païens
11. Les idoles anthropophages
12. Le bon sauvage de Rousseau
13. Le sel de la terre
14. Les exercices spirituels des Jésuites
15. Les rêves
16. Les rêves des morts
17. Le Bardo Thödol
18. La dialectique temps-sans-temps
19. Le cas de Maria Goretti
20. Le passé dépassé

PARTIE IV : LES SALUTS ET LA CONNAISSANCE

Chapitre X : LE BAISER DE DIEU
1. Les talents reçus
2. L'un et le multiple
3. Que devient la culture ?
4. Le péché de la connaissance
5. Caïn
6. La passion
7. Le salut à deux
8. Le rythme binaire
9. La nacelle du couple
10. Le portrait de Moïse
11. Universalité de l'expérience mystique
12. L'hésychasme byzantin
13. Mourir avant la mort chez les mystiques rhénans
14. Devenir Dieu
15. L'amour
16. L'amour-participation
17. Rapport entre l'Absolu et le Dieu personnel
18. Les deux amours
19. L'amour est-il possible dans notre civilisation ?

Chapitre XI : LE ZÉRO ABSOLU
1. Le paradoxe de l'anti-matière
2. La mort - une question mal posée
3. Je pense, donc je ne suis pas
4. Le paradoxe de l'intelligence
5. Les sophistes
6. Les techniques de démolition
7. Le roi et l'éléphant
8. Les dix imbéciles qui pleuraient un perdu qui ne s'était jamais perdu
9. L'Atmavicara ou la recherche du Soi
10. Qui suis-je ?
11. L'acteur sur la scène
12. Les dangers
13. La doctrine du vide de Huang-Po
14. Une réponse au problème de la mort
15. La maïeutique de Huang-Po
16. Les mots sont pour les esprits obtus
17. Le raisonnement est une forme d'attachement
18. Transmission
19. Le paravent de Dieu pour ne pas éblouir l'homme
20. Ni carré ni rond
21. Où est l'erreur ?
22. Expérience pré-biographique
23. La libération n'est qu'une étape
24. Via negativa
25. Le renversement
26. La voie glorieuse
27. Correspondance entre les étapes
28. Quand les montagnes sont de nouveau des montagnes
29. La vie commence tout de suite
30. Vers le Dieu sans forme
31. Les idées de Platon
32. Le non-voir
33. Le néant essentiel
34. Nuit = vide
35. La Vie continue dans l'Agapé
36. La vérité est le premier mensonge
37. L'échec existentialiste
38. Pourquoi le Zen séduit l'Occident
39. La civilisation des mots
40. L'angoisse de la mort est une grâce
41. La téléspiritualisation
42. Le Silence et la Grâce

Petit dictionnaire
Appendice 1 : Recherches actuelles
Appendice 2 : Étapes de la sublimation dans les diverses techniques
Notes


mardi 21 janvier 2014

1963 : Exercices de Yoga



Publié en 1963 aux Éditions du Mont-Blanc, collection « Action et Pensée ».
142 pages.


Réédition de 1968.



Table des matières :

Introduction.
I. Dhyana ou la méditation commune à tous les yogas
II. Les techniques du radja yoga
III. Correspondance entre les cakras, les plexus et les glandes endocrines. Les exercices de dynamisme et de sublimation
IV. La méditation vérifiée par l’électroencéphalogramme 


1959 : Les îles s'enfuirent, roman



Publié en 1959 aux Éditions Psyché, collection « Romans ».
236 pages.

Quatrième et dernier roman de la série Les Atlantides.

L'ouvrage est dédié « A / M. Roger JEANNIN, / Commissaire principal / de la Police de l'air. / Amicalement, / M. C. »

Quatrième de couverture.



Table des matières :

I. L'Accident
II. Mademoiselle Gensac
III. La famille Dupont, le Prince et Darmstadt
IV. Le Violoniste et la Polonaise
V. Mère et Fille
VI. P. S.


1957 : Tes yeux m'ont vu, roman



Publié en 1957 aux Éditions Hautefeuille (Caractères) et le Club des Amis de Maryse Choisy.
144 pages.

Troisième roman de la série Les Atlantides.

 L'ouvrage est dédié « A Albert DUCROCQ / le magicien de la science nouvelle qui a ionisé ce roman / En toute amitié, / M. C. ».

1957 : Le Serpent, roman



Publié en 1957 aux Éditions Hautefeuille (Caractères).
480 pages.

Deuxième roman de la série Les Atlantides, quatorze ans après Le Thé des Romanech qui est alors intégré à cette série après avoir appartenu au Sang des Fabre.

En exergue, sur la page de titre, trois citations de Léon Bloy, Charles Péguy et le Prof. Marrou.

Sur notre exemplaire, les noms d'éditeurs sont biffés par Maryse Choisy elle-même. Sur la page de titre, elle corrige par « Psyché romans ». Est-ce par ce geste que l’œuvre romanesque de Maryse Choisy fit son entrée aux éditions Psyché ?




Table des matières :

PREMIÈRE PARTIE
I. Don Juan et Cléopâtre
II. Le Noyau Humain
III. Ce qu'on n'ose pas nommer
IV. Le dîner de l'Ambassade
V. La chasse
VI. La maison de l'amour
VII. De la mort à la vie
VIII. Les chaudes nuits de Bénarès

DEUXIÈME PARTIE
IX. Le rendez-vous de Montmartre
X. Tristan et Yseult dans la forêt
XI. Ils quittent la forêt
XII. La fissure
XIII. Les Amants de Venise
XIV. Decrescendo
XV. La prière de Henri VIII

TROISIÈME PARTIE :
XVI. Le sens de la vie
XVII. Les relations humaines
XVIII. Armistices interrompus
XIX. Le Congrès de la charité
XX. Préparatifs
XXI. Un beau mariage
XXII. Le dernier dîner


1954 : Le Scandale de l'Amour



Publié en 1954 chez Aubier, Éditions Montaigne.
286 pages.


Table des matières :

PREMIÈRE PARTIE : Les problèmes
I. Le paradoxe de l'amour
II. Psychologie et métaphysique du scandale

DEUXIÈME PARTIE : Le conditionnement biologique, sexuel et social de l'amour
III. Le dépassement de l'orgasme
IV. Le masculin et le féminin
V. La sexualité féminine

TROISIÈME PARTIE : Mythologie et histoire de l'amour
VI. Le mythe de l'éternité et de l'unité ou l'Androgyne originel
VII. Le mythe des âmes sœurs ou des rapports homme-femme
VIII. Tristan et Yseult
IX. La Magie et l'Amour
X. Le mythe cartésien et les valeurs viriles du contre-amour
XI. Les mythes de remontée de l'amour et les mythes de sublimation

QUATRIÈME PARTIE : La dynamique de l'amour
XII. Valeurs de joie et valeurs de destin
XIII. Le destin de la sexualité dans le sacrement du mariage
XIV. Les couples mystiques
XV. La sublimation


Le livre et la critique :

Louis Beirnaert in Études, juin 1954, pp.412-413 :

Les grands thèmes n'effraient pas M. CHOISY. Elle sait les renouveler. Une vaste culture qui s'étend de la physique à l'hindouisme, en passant par la psychanalyse et la mythologie, une étonnante faculté d'assimilation et je ne sais quel piquant et quel feu dans la présentation donnent à son ouvrage sur l'amour un tour très personnel. L'amour dont elle poursuit les manifestations, depuis l'attraction moléculaire jusqu'à l'union mystique, lui apparaît comme une grande force unique qui tend finalement à l'union avec le Tout : union indifférenciée. et anonyme dans l'extase charnelle, union personnalisée dans l'extase spirituelle des mystiques. M. CHOISY ne craint ni les mots ni les choses. Au risque de faire scandale elle accentue sans cesse la double réalité de l'amour, à la fois sexuel et spirituel jusque dans ses manifestations les plus sublimées. Son point de départ et son axe de référence, c'est l'amour passion. Point de vue intéressant qui permet de suggestifs rapprochements. On se demande parfois si elle a poussé assez loin l'analyse de tout ce qui se trouve d'imaginaire dans cette forme d'amour pour laquelle, ainsi qu'elle le rappelle : « aimer c'est s'abandonner à un être de la même nature que son destin ». L'amant ne risque-t-il pas alors de projeter sur l'autre son propre rêve ? Sommes-nous sortis du narcissisme ? Si l'amour n'est pas finalement amour de l'autre pour lui-même, comment peut-il aboutir à autre chose qu'à ce conflit dont la mort seule délivre ? Certes, M. CHOISY parle souvent de l'amour pour la personne de l'autre, mais il reste quelque ambiguïté dans sa conception : cet autre est-il pour l'amant le moyen de son extase passionnelle, ou constitue-t-il vraiment ce toi auquel je me donne et dont je reçois, dans la réciprocité d'un mouvement qui exclut à la fois l'identification et la séparation ? Mais peut-être pour en arriver là faut-il dépasser l'amour passion et en appeler à l'agapê, telle qu'elle se manifeste dans la Trinité chrétienne.
Au cours de son ouvrage, M. CHOISY est amenée à parler des valeurs propres à l'homme et à la femme. Elle ne ménage guère les valeurs viriles — de guerre et destruction —, qu'elle oppose aux valeurs féminines — de merci. Nous ne lui chercherons pas chicane sur ce point, bien que l'histoire nous montre des haines de femmes, aussi inexpiables que des haines d'hommes, et que le mythe lui-même nous présente dans les harpies, les erynnies, etc.. des figures féminines plutôt féroces. Il est certain que notre civilisation n'a pas jusqu'ici fait sa place à la femme. Maryse CHOISY le démontre brillamment. On peut se demander si elle ne va pas trop loin quand elle tend, par exemple, à présenter la fécondité sur le plan culturel comme un trait féminin, et la faculté créatrice de l'homme « comme une surcompensation à son envie d'enfanter » (p.. 125). Tout ce qu'il y a de bien en l'homme serait-il alors féminin ? ou du moins déclenché par le féminin, comme dans le cas de la femme inspiratrice ? Une tradition universelle et continue attribue pourtant la création au principe masculin. Par ailleurs, alors que le rapport de la femme à l'enfant se situe sur le plan biologique et naturel, le rapport de paternité, distingué dans toutes les sociétés du rapport de génération charnelle, se situe sur le plan de l'esprit et introduit l'enfant dans le monde spécifiquement humain de la culture, du logos. C'est le père qui reconnaît l'enfant et en fait un sujet de droit dans le monde social. La paternité transcende ici le biologique. Commentant le passage du matriarcat au patriarcat, Freud écrit : « Ce passage de la mère au père... marque une victoire de la spiritualité (Geistigkeit) sur la sensualité (Sinnlichkeit), et par là un progrès de la civilisation. En effet la maternité est prouvée par le témoignage des sens, tandis que la paternité est une acceptation (Annahme) fondée sur une conclusion et une hypothèse » (S. Freud, Gesammelte Werke, XIV, 221). D'où il suit que si la femme est bien comme le dit M. CHOISY l'intermédiaire entre l'homme et le cosmos, ce dernier, à son tour, est médiateur entre la femme et la société en tant que celle-ci transcende la nature. Tant il est vrai que l'homme et la femme sont tous deux indispensables à l'amour : le premier pour l'universaliser et en faire un facteur de civilisation; la Seconde pour lui donner son poids de matière, et sa palpitation cosmique.
On voit combien l'ouvrage de M. CHOISY suscite la réflexion. C'est là un grand mérite... du moins dans le monde des hommes. Faut-il ajouter que pour en tirer profit il faut être suffisamment formé ?

lundi 20 janvier 2014

1950 : Psychanalyse et Catholicisme



Publié en 1950 aux Éditions de L'Arche, collection « Commentaires ».
176 pages.


Table des matières :

Les catholiques devant le monde moderne
L'athéisme de Freud
La libido
Les sanctions des éducateurs
Déterminisme psychologique et liberté
Le sentiment inconscient de culpabilité et le dogme du péché
La responsabilité morale dans le traitement analytique
Aux confins du psychique et du spirituel
La psychénergétique des mythes et des archétypes
Les bénéfices que le catholique peut retirer de la psychologie des profondeurs


Le livre et la critique :

Louis Beirnaert in Études, octobre 1951, p.129 :

Mme M. CHOISY ne craint pas de traiter les sujets audacieux. Celui-ci était de taille ! Une fois de plus elle s'en tire avec brio. La confrontation entre la psychanalyse et le catholicisme requerra sans doute, pour aboutir aux distinctions et aux intégrations nécessaires, les efforts conjoints et patients de nombreux penseurs. Mais il est bon que des talents plus mobiles, devançant le gros de l'armée, s'en aillent battre quelques buissons de préjugés et tiraillent sur quelques erreurs ; surtout quand ils ne manquent pas de flair et savent au besoin pourfendre avec autant de pertinence que le fait M. Choisy l'ignorant qui croirait encore que la psychanalyse est un méchant ersatz de la confession. Ne prenons pas l'ébauche pour l’œuvre lentement mûrie dans l'ensemble et dans le détail. Mais pourquoi ne pas en faire notre profit ? Elle a le mérite d'exister, et elle est bien savoureuse.

1950 : Qu'est-ce que la psychanalyse ?



Publié en 1950 aux Éditions de L'Arche, collection « Commentaires ».
252 pages.


Table des matières :

I. L'adaptation au réel
II. La libido dans le développement affectif de l'homme
III. Ce qu'il faut retenir du complexe d'Oedipe
IV. Stades et rythmes de la croissance psychique
V. Le juge intérieur, les besoins somatiques et le sentiment d'insécurité du moi
VI. Le mécanisme du refoulement
VII. Le rêve
VIII. Le transfert dans la situation analytique
IX. Le silence peuplé du traitement psychanalytique
X. Psychothérapies actives
XI. Conseils à ceux qui veulent se faire psychanalyser
XII. Freud, Jung, Adler et les dangers de la psychanalyse


Le livre et la critique :

Louis Beirnaert in Études, janvier 1951, p.132 :

En écrivant de Maryse CHOISY qu'elle était « ferocemente freudiana », le P. Gemelli évoquait assez exactement un talent où la vitalité, le bond, la griffe aussi s'allient avec une fidélité foncière à la méthode du maître de Vienne. Le dernier ouvrage de la directrice de Psyché porte bien sa marque. Parfois discutable, il est toujours vivant et il se bat bien. C'est le cas de rappeler le mot de Péguy : « Une grande philosophie n'est pas celle qui n'a pas de vides, c'est celle qui a des pleins. » Les premiers chapitres résument heureusement ce qu'on a déjà pu lire dans l'Anneau de Polycrate. Ils sont moins originaux, encore que telles pages sur le besoin de sécurité sous-jacent au sentiment de culpabilité approfondissent les vues antérieures de l'auteur. Les développements qui suivent, sur « le transfert », « le silence peuplé du traitement analytique », « les conseils à ceux qui veulent se faire analyser » restituent et commentent, avec une verve qui n'exclut pas la sagesse, cet événement historique et choisi que constitue la cure.
L'ouvrage se ressent peut-être d'une certaine hâte de rédaction, mais il va bravement et brillamment son chemin jusqu'à un dernier chapitre sur Freud, Adler et Jung, où l'irénisme le cède en terminant à une distinction transparente entre « les forts en thème » qui « conservent comme un rituel les mots orthodoxes », et « les créateurs » qui « ne se battent pas avec des mots », car « ils ont, pour les survoler, des ailes ». Maryse Choisy a évidemment des ailes... Mais elle a dit trop de bien, et avec tant d'exactitude de la méthode freudienne, pour qu'on ne soit pas tenté de la ranger aussi parmi « les forts en thème ».


Pierre Salzi, in Revue philosophique de la France et de l'étranger, janvier-mars 1955, pp.61-62 :

[Ce livre] est une initiation fort bien comprise en ce qu'il expose les principes, non sous une forme purement abstraite, mais au travail dans des expériences effectives. Les douze chapitres débutent avec la question de l'adaptation au réel : s'adapter à l'existence sociale, ce n'est pas devenir capable d'atteindre la moyenne, c'est montrer ses qualités personnelles au plus haut degré dont elles soient susceptibles. Le complexe d'Oedipe, les stades premiers du psychisme, les concepts du "cs", du moi et du surmoi sont exposés avec une clarté dont la précision est fondée sur les conclusions auxquelles ont conduit les nombreuses controverses entre orthodoxes et dissidents. Après le bon morceau que mérite l'interprétation des rêves, l'auteur résume les directives que le praticien doit suivre au long des séances, afin d'ajuster son comportement aux résistances, silences, transferts et abréactions du sujet. Ce raccourci suggère la complexité et la délicatesse du traiment psychanalytique.

1949 : Yogas et Psychanalyse



Publié en 1949 aux Éditions du Mont-Blanc, collection « Action et Pensée ».
270 pages.

Essai sur les techniques indiennes de la sublimation, 2e vol.

Table des matières :

Chapitre I : La psychologie du Radja yoga et ses techniques mentales
Chapitre II : Exercices pratiques et méditations du Radja yoga
Chapitre III : La physiologie pneumatique du Hatha Yoga, son hygiène et sa thérapeutique
Chapitre IV : Le réveil de la koundalini
Chapitre V : Correspondances entre les cakras, les plexus et les glandes endocrines
Chapitre VI : L'apport des yogas aux écoles de psychanalyse

1948 : La Métaphysique des Yogas



Publié en 1948 aux Éditions du Mont-Blanc, collection « Action et Pensée ».
252 pages.

Essai sur les techniques indiennes de la sublimation, 1er vol.

Avant-propos de Paul Masson-Oursel, directeur d'études à l’École des Hautes Études Orientales.
En frontispice, le yantra de Gâyatrî Devî.

Ouvrage reparu en 1962, en édition revue et augmentée (282 p.)

Table des matières :

Avant-propos de Paul Masson-Oursel.
Chapitre I : Introduction aux philosophies hindoues
Chapitre II : L'ontologie du vedanta, du samkhya et du djgnana yoga
Chapitre III : La métaphysique du mouvement, la cosmologie et l'évolutionnisme du Djgnana Yoga
Chapitre IV : La morale yoguique et le Karma Yoga
Chapitre V : Le panpsychisme du yoga et ses plans de conscience
Chapitre VI : La Çakti dans le macrocosme et dans la constitution des corps humains
Chapitre VII : La théorie du logos, du son et du rythme dans le mantra yoga

dimanche 19 janvier 2014

1948 - L'Anneau de Polycrate - De la culpabilité collective



Publié en 1948 aux Éditions Psyché, collection « Bibliothèque de Psychanalyse ».
342 pages.

Sous-titré plus précisément Essai sur la culpabilité collective et recherche d'une éthique psychanalytique.

Table des matières :

CHAPITRE I. La réalité des mythes
II. L'inconscient et la structure de la psyché
III. L'ambivalence fondamentale à la base du sentiment de culpabilité
IV. Champ d'amour sur champ de bataille
V. La culpabilité sexuelle
VI. Le carnaval des culpabilités et le mécanisme d'auto-punition
VII. Le cosmique dans l'inconscient
VIII. L'équilibre du succès et le complexe de Polycrate
IX. La signification biologique du mythe du sacrifice.
X. La loi du déplacement de l'équilibre et le bouc émissaire
XI. Les mythes qui guérissent la culpabilité collective


Le livre et la critique :
 
Louis Beirnaert in Études, février 1949, p.272 :
 
On connaît l'histoire de Polycrate, cet homme trop heureux qui sentit un jour l'obscur besoin de payer sa chance : il jeta à la mer son bien le plus précieux, un anneau d'or. Lorsqu'il ouvrit, le lendemain,la chair rose d'une murène que lui avait préparée son cuisinier, l'anneau était là. Le Destin ne s'était pas laissé payer à si peu de frais. Polycrate mourut crucifié.
Autour de ce mythe, Mme M. CHOISY a construit un essai brillant et coloré sur la culpabilité collective. Sa vaste culture nous promène de l'analyse freudienne aux dernières explorations des neurologues, du comportement d'Hector à celui de l'heureux joueur de Monaco, de la technique des yogis à l'ascétisme chrétien. Tel un miroir aux mille facettes, le thème choisi s'éclaire à tous ces feux. Et nous nous trouvons peu à peu entraînés vers la vision d'un monde dont la croissance se paye d'une destruction incessamment renouvelée. Quelle rédemption nous délivrera de la culpabilité collective ainsi engendrée ?
La dernière page tournée, le lecteur demeure ébloui de cette promenade, au sein d'un domaine qu'il connaissait mal ; un peu interloqué aussi de ne pouvoir ramasser en une seule les mille lueurs qui jalonnaient sa route. Mais faut-il demander à un ouvrage ce que l'on n'a jamais entendu y mettre ? Les médecins, habitués à plus de rigueur scientifique, grogneront sans doute, et avec eux quelques théologiens. Il ne faut cependant pas exiger que Merlin devienne Mentor ! Il est bon que, sur le plan de la culture, un vaste public non spécialisé, et bien souvent parfaitement ignorant des vérités de la foi, soit amené, par un ouvrage attrayant, à prendre conscience des affectives qui règlent obscurément nos démarches, et s'oriente, somme toute, vers la vision d'un univers dominé par l'amour et le sacrifice.


1946 : Amarella, roman




Publié en 1946 aux Éditions de Flore.
192 pages.




1945 : Contes de Fées



Publié en 1945 aux Éditions Ariane, série « Contes pour Marie-Françoise ».
84 pages.

11 illustrations de l'auteur, ainsi que celle de couverture.


Table des matières :

La Naissance de la Rose
Le Champignon de Vie
La Source des Rubis
La Mangouste dorée
Le Roi mendiant
La Crèche du Cirque Aristide


1943 : Contes pour ma fille... et pour les autres



Publié en 1943 aux Éditions Alsatia.
174 pages.

24 illustrations de l'auteur, ainsi que celle de couverture.

Reparu, chez le même éditeur, en 1946.

Réédition de 1946


Table des matières :

La Bague de Saint Gildas
La Fille de l'air
Le Bouvier et la Vierge filante
Le Paradis des Chats
Le Lac des Fées
L’Éventail du Prince Attan
La Poupée de sel
La Cuiller du diable
La Lumière du Dragon
Le Pacte avec le Roi des Puces
Les Aventures d'un Atome d'Azote
La Bobine de fil


samedi 18 janvier 2014

1943 - Le Thé des Romanech (Le Sang des Fabre)



Publié en 1943 aux Éditions Jean-Renard.
224 pages.

La série Le Sang des Fabre, inaugurée par ce roman, prendra plus tard un autre titre : Les Atlantides.

Table des matières :

CHAPITRE PREMIER : Arrivée
I. Le Dolmen de Locqmarier
II. Les jumeaux
III. La fêlure
IV. Destin, je suis là
V. Le Barble-bleue breton
VI. Crimes ?
VII. Enquêtes
VIII. Le cabinet secret
IX. Promenade sentimentale
X. Surprises
XI. Le pouvoir des Romanech
XII. L'heure du berger approche
XIII. Une goutte de sang
XIV. Le chêne est malade
XV. Le rêve de Marie
XVI. Le suprême atout
XVII. Les notabilités arrivent
XVIII. Le plus grand amour ?

Publicité parue dans  
Le Matin, 1er juillet 1944


1942 : Le Portrait de Juliette Delmet, roman



Publié en 1942 aux Éditions Jean-Renard.
196 pages.


 Le livre et la critique :

Joseph Brandicourt in Fiches bibliographiques du Centre d'études de recherches de science religieuse, avril 1943. :

Le talent de Maryse Choisy est divers. Journaliste, ses chroniques et ses reportages, touchant aux sujets les plus variés, sont écrits d'une plume originale et primesautière. Mais Maryse Choisy, à ses heures, n'hésite pas à aborder les grands problèmes de l'éducation des enfants. Enfin, pour laisser reposer sa plume, elle saisit palette et pinceaux et brosse des portraits et des paysages mieux qu'en amateur.
Dans le nouveau roman que Maryse Choisy vient de publier, Portrait de Juliette Delmet, on trouve réunis ses dons variés. C'est une histoire à la fois policière et romanesque, qui se déroule dans un milieu d'artistes. Une leçon morale s'en dégage, de la manière la plus naturelle ; des thèses neuves et hardies sur l'amour paternel ne seront pas sans surprendre quelques lecteurs. Tous trouveront dans ces pages alertes et colorées une saine distraction.

1941 : Savoir être Maman, ou l'éducation des parents



Publié en 1941 chez Aubier, éditions Montaigne, collection « L'Enfant et la vie ».
342 pages [322 en 1945].

Préface du R. P. Poucel S. J.

En exergue : « A toutes celles qui se croient mères / parce qu'elles ont des enfants / M. C. »

Reparu en 1945 chez le même éditeur, avec cette note :  « Ce livre fut écrit en 1938. J'y ai ajouté des observations sur l'école que j'ai dirigée de 1939 à 1940. La lente fabrication due aux circonstances de la guerre retarda l'édition. Quand Savoir être Maman parut enfin en avril 1941, des passages importants se volatilisèrent. La censure d'alors avait les ciseaux pointus. / Dans cette nouvelle édition, je rétablis le texte original de 1938, et je bénis la liberté d'opinion. / Le chapitre XIII est nouveau. / M. C. »


Table des matières :

Lettre-préface du R. P. Victor Poucel, S. J.
Petite explication préliminaire sur une attitude personnelle.
Introduction.

PREMIÈRE PARTIE : Qu'est-ce que l'enfant ?
I. La mémoire
II. L'enfant naît poète et créateur
III. L'osmose spirituel
IV. Le rythme

DEUXIÈME PARTIE : Hygiène physique de l'enfant.
V. Le capital vital
VI. Alimentation
VII. L'air et les inadaptés urbains
VIII Le sommeil et la peur

TROISIÈME PARTIE : Hygiène mental de l'enfant.
IX. Les périodes sensibles et les caprices
X. Les sept péchés capitaux et leur transmutation
XI. Comment donner à l'enfant le sens social et le sens des responsabilités
XII. L'école active de Rabinath Tagore.
XIII. Mon école de guerre.
XIV. Le passage de l'enfance à l'adolescence.

QUATRIÈME PARTIE : Éducation spirituelle.
XV. Cette question de confiance... et quelques autres
XVI. Le secret
XVII. De l'amour à Dieu


Publicité parue dans Le Matin, 25 mai 1941.



Le livre et la critique :


Mario Meunier, in Journal des débats politiques et littéraires n°461, 19 juillet 1941, p.3 :

Maryse Choisy nous était connue par des essais, des romans, des reportages et des poèmes. Nous avions aimé son essai sur les Les systèmes de philosophie hindoue, quant à ses reportages, ils furent si frivoles et si « sensationnels », que leur auteur les retira du commerce en 1939, parce qu'ils ne correspondaient plus, écrit-elle, à son attitude actuelle. Ce retour à la foi et à la foi catholique nous vaut aujourd'hui un livre assez sérieux pour que le R.P. Victor Poucel, de la Compagnie de Jésus, ait accepté d'en écrire la préface. Cet ouvrage a pour titre : Savoir être maman et pour sous-titre : L'éducation des Parents. Il n'est, hélas ! que trop vrai que si les enfants sont mal élevés, c'est que leurs parents sont mal éduqués. Trop d'entre eux agissent comme si l'âme de leur enfant leur était donnée pour qu'elle se soumette à toutes leurs volontés, alors que cette âme ne leur a été confiée que pour qu'ils lui apprennent à user, un jour de sa volonté propre. Lorsque l'enfant naît, il est chargé de l'expérience des siècles et de la mémoire inconsciente de tous les aïeux qui l'ont devancé dans la vie. Le premier devoir est de respecter ce trésor en sommeil que représente l'âme du nouveau-né. En lui, tous les contraires sont neutralisés. Au fur et à mesure de sa croissance, ses virtualités se développent, ses qualités s'affirment et ses vices s'attestent. C'est alors qu'il sied, par une éducation intelligente et sensible, de sublimiser chaque instinct, de faire que chaque vice devienne une vertu,   que chaque passion se transforme en pure et noble activité. Pour cela, il faut de la douceur, de la gaieté, du calme. Il faut que l'âme de la mère n'ait qu'à refléter ses sentiments d'amour et de tendresse, de sagesse et d'union, dans l'âme de son fils. L'enfant, en effet, est le miroir exact de l'âme de sa mère. « Savez-vous, mères, mes amies, écrit Maryse Choisy, que le cordon ombilical spirituel n'est jamais tout à fait rompu entre votre enfant et vous ? Si vous êtes exaspéré votre enfant l'est aussi. Si vous êtes aimable, il grandira doux, poli, travailleur. L'enfant prend consciemment ou inconsciemment les vibrations de sa mère. » Les chapitres, que l'auteur de Savoir être maman, consacre à la vie de l'enfant et de la mère au foyer, à la transmission des sept péchés capitaux, à l'hygiène mentale et à l'éducation spirituelle de l'enfant sont parmi les plus riches et les plus importants de ce livre aux pages salutaires. Maryse Choisy exagère sans doute lorsqu'elle jette, sur la foi de Rousseau, un trop grand discrédit sur toutes les méthodes éducatives passées, et vouloir faire tout autrement que jadis, on court le risque, dans un sujet aussi mystérieux et aussi délicat, de condamner le présent aux yeux de l'avenir. Cette réserve faite, nous pouvons conseiller la lecture de l'ouvrage. Petits et grands y trouveront avantage.

1936 : Le F:. Patouillard, satire



Publié en 1936 aux Éditions Baudinière.
252 pages.


Table des matières :

Petite explication préliminaire
CHAPITRE PREMIER : Un dîner chez Mme Lévy de Cantal
II : L'initiation du Frère Patouillard
III : Comment fut formé le Ministère de la « Solidarité Auvergnate »
IV : Le mariage de Mlle Emma Patouillard
V : Comment Dufouilloux établit son fils et rétablit la maison de Lévy de Cantal
VI : J'entre dans « Fraternité intégrale »
VII : Les frères Patouillard, Directeurs d'un Quotidien
VIII : Le secret des Sociétés secrètes

1934 : La Staviskose, satire



Publié en 1934 aux Éditions Baudinière.
252 pages.


Table des matières :

CHAPITRE PREMIER : Où l'on fait connaissance de Patouillard II
II : L'élection de Napoléon Patouillard dans le XXVe arrondissement
III : Où l'on fait connaissance de M. Alexandre
IV : Mon premier soir à l'Hôtel de Ville
V : Patouillard frères, tripatouilleurs
VI : Où l'on apprend que Napoléon Patouillard est cocu
VII : Parodies de pouvoir et pouvoir
VIII : Vingt-quatre heures de chute ministérielle
IX : Uniprix et autres patouillarderies
X : La fin d'un aventurier
XI : Le grand scandale
XII : Un peu d'histoire...

Publicité en première page du Matin, 26 mars 1934.




1933 : Un mois chez les députés, reportage fantaisiste



Publié en 1933 aux Éditions Baudinière.
252 pages.


Table des matières :

I. La Faune des couloirs
II. Petit guide à l'usage des débutants pour se retrouver parmi les dix-sept partis politiques de la Chambre
III. L'élection de Jérôme Patouillard
IV. Voyage autour de la Chambre
V. Le Fric vous parle
VI. Les scandales de la saison
VII. Patouillard ministre

Publicité (Le Jardin des Lettres, novembre 1933)
Publicité (Le Matin, 16 octobre 1933)


1933 : Don Juan de Paris, roman



Publié en 1933 aux Éditions Ernest Flammarion.
250 pages.

Ouvrage dédié « A M. André de Fouquières ».

En exergue, sur la page de titre, une citation de George Clémenceau : « Ou la liste civile ou celle de Don Juan ».


Table des matières :

PREMIÈRE PARTIE : Deauville
Première nuit
Deuxième nuit
Troisième nuit
Quatrième nuit

DEUXIÈME PARTIE : Paris
Première journée
Deuxième journée
Troisième journée
Quatrième journée

TROISIÈME PARTIE : Intermezzo
I. Quinze jours ou une idée en marche
II. Lettre entre jour et nuit, entre ciel et terre

QUATRIÈME PARTIE : Le chemin du ciel
I. Vingt-quatre heures en l'air
II. Vingt-quatre heures en chambre

Publicités parues dans Le Matin (août 1933)


Le livre et la critique :


Pierre Descaves in L'Européen n°226, 8 septembre 1933, p.3 :

Il y a deux choses dans le dernier ouvrage de Mme Maryse Choisy : un très médiocre roman, un essai absolument original. Les deux plans ne se rejoignent jamais et le livre donne d'un bout à l'autre cette regrettable impression de déséquilibre. On le regrettera d'autant plus que Don Juan de Paris contient des notes, des formules, des réflexions remarquables, d'une psychologie très fine et d'une portée souvent profonde. Dans un sens, ce roman est une contribution à cette « enquête » sur le don juanisme contemporain qu'ouvrit avec tant de maîtrise M. Marcel Barrière.
« Il n'y a plus de don Juans, dit un des personnages de Don Juan de Paris, parce qu'il n'y a plus d'hommes oisifs. En 1933, on n'a pas de temps pour les grandes passions. »
Un autre jeune homme, champion de saut en longueur, déclare pour sa part :
« Une génération sportive comme la nôtre ne possède pas de Don juans. »
L'actualité et le fait divers le plus récent ont assez tragiquement illustré cette constatation pour qu'on n'y insiste pas.
A la suite de ses héros, Mme Maryse Choisy nous invite à un voyage qu'on peut dire à trois dimensions, puisque nous allons à Deauville, à Paris... et dans le ciel. L'avion a décidément droit de cité littéraire et figure désormais dans tous les bagages romanesques. L'artifice, avec Mme Maryse Choisy, est toujours un peu gros, la note un peu forcée, et on n'en est pas, avec elle, à une invraisemblance près.
Mais tout cela est racheté par le goût très vif des idées générales et le sens de les exprimer. L'auteur de Don Juan de Paris est un moraliste qui s'ignore, et son intérêt serait de cultiver cette veine où tout devrait, d'instinct, la porter.

Françoise Verdier in L'Africain n°187, 15 octobre 1933, p.3 :

Une promenade dans les coulisses mondaines et politiques de Paris. Un homme qui ne se contente pas de conquérir un corps, mais veut un cœur. Maryse Choisy avec sa brutalité et sa sexualité ordinaires a fait là un livre qui ne plaira pas à tout le monde par son cynisme trop « mis en vitrine ».

Maurice Randoux in Journal des Mutilés n°873, 22 octobre 1933, p.4 :

Nicole Marly, célèbre femme-peintre – célèbre par ses tableaux, ses amours, ses scandales – maîtresse du président du Conseil. Elle voudrait connaître Don Juan. C'est pour lui résister.
Mais voici Don Juan. Robert Lestang, don Juan très moderne :
A partir de vingt-cinq ans, il avait su entourer sa vie intime d'un tel mystère qu'il échappait aux femmes mêmes qui y participaient. La conquête d'une femme, il l'entreprenait pour sa propre joie secrète et non point par vanité sociale. Très souvent, il se contentait du triomphe moral.
La résistance de Nicole, habile et ferme, ne sera pas de longue durée. Et Robert l'aimera, elle seule :
Don Juan est pur et fidèle. Il est fidèle tant que dure sa passion. Et il voudrait qu'elle dure toujours... Entre cœurs très grands, très sûrs d'eux-mêmes, les serments d'amour sous-entendent dans tous les cas l'immortalité. La monogamie est un article de foi de Don Juan. C'est sa caractéristique et sa supériorité. Le polygame est tout le contraire du séducteur. Don Juan n'existe pas chez les Mahométans.
Après Deauville, Paris. La rentrée du Parlement. La jalousie qui grandit dans le cœur de Nicole qui, « femme jalouse comme toutes les autres femmes... devient insupportable, pessimiste ». Elle essaie de peindre un immense panneau : Le Dictateur, dictateur qui aurait naturellement les traits de Robert... Mais « la vie tue l'art. Nicole voudrait pleurer, mordre, griffer, bondir. Elle recommence trois toiles. Elle se fâche. Elle jette les pinceaux. »
Pendant que Robert fait en Corse un voyage de propagande politique, Nicole, qui ne reçoit aucune lettre de son ami, prépare une traversée de l'Atlantique en avion.
Robert est rentré. Elle attend toute la nuit un coup de téléphone. Il en vient un, à l'aube : « Conditions atmosphériques excellentes ». Et de Nicole, qui part aussitôt, l'on n'aura plus jamais de nouvelles. Peu à peu, Robert Lestang sera ministre de l'Air.
Telle est la trame de ce roman, où la finesse et l'originalité de la psychologie amoureuse sont servies par un style trépidant, aux images hardies et neuves. Mais il ne saurait trouver sa place dans la bibliothèque familiale, où viennent en liberté puiser les enfants. Évidemment..

Jean Séval in Le Concours médical n° 42, 21 octobre 1934, p. 2892 :

Style cru, roman cru, du Freud cru. Brochant le tout, un gigolo, qui paraît ressembler assez fidèlement aux tristes pantins désoeuvrés de notre après-guerre.

vendredi 17 janvier 2014

1932 : Le Veau d'Or, reportage-roman



Publié en 1932 aux Éditions de la Nouvelle Revue Française, collection « Les Livres du Jour ».
264 pages.

Ouvrage dédié « A Monsieur le Président Édouard Herriot »

En exergue, une explication de Maryse Choisy sur le genre « reportage-roman » et une citation d’Édouard Herriot.


Table des matières :

CHAPITRE PREMIER : Le temple de la vraie foi
CHAPITRE II : Le temple du plaisir
CHAPITRE III : Le temple de la vérité
CHAPITRE IV : Sir Herbert Silberstein
CHAPITRE V : Le temple du snobisme
CHAPITRE VI : Une tournée de grand-duc de la finance
CHAPITRE VII : Louis Brutinel ou l'histoire financière des trente dernières années
CHAPITRE VIII : L'arrestation de Séraphin Bayle
CHAPITRE IX : Nuits sans sommeil
CHAPITRE X : Le temple du jeu
CHAPITRE XI : Les tribulations d'un empereur du milieu
CHAPITRE XII : La confusion des langues
CHAPITRE XIII : Le renard aux abois
CHAPITRE XIV : Crépuscule d'or
CHAPITRE XV : Paris sex-appeal


Le livre et la critique :


? in L'Oeil de Paris n°163, 19 décembre 1931, p. 10 :

Tandis que Frédéric Lefèvre multiplie les Une heure avec..., Maryse Choisy poursuit triomphalement ses Un mois chez... Présentement, elle séjourne parmi les banquiers. Cela va nous valoir de piquantes révélations. Après les fauves, les requins. Espérons qu'ils ne mangeront pas, eux non plus, la dompteuse.
Celle-ci a fait son apparition en Bourse. C'est un événement, car on sait que l'accès du temple est interdit au sexe réputé faible. Mais Maryse Choisy a pris soin d'user d'un travesti masculin tout comme lorsqu'elle alla visiter le Mont Athos. Escortée de quelques intimes, elle a ainsi secrètement forcé la place, allant jusqu'à se faire photographier, carnet en main, auprès de la corbeille !
Quand femme veut...

Benoît Bénin in L'Oeil de Paris, 16 août 1932, p. 12 :

Ce nouveau livre de Mme Maryse Choisy ne manque certes pas de courage. Quelques scandales financiers récents y sont évoqués, ainsi d'ailleurs que les vices, méfaits et crimes permanents de certains milieux financiers. Au point de vue purement littéraire, l'ouvrage a moins de valeur. Chaque  page ou presque rappelle : 1° que l'auteur vient d'être mère ; 2° qu'elle fut l'amie de M. Joseph Delteil pour qui elle a gardé une grande admiration ; 3° qu'elle collabora au journal de Mme Hanau, etc. Il n'est pas un détail de sa vie qui ne lui ait inspiré quelques lignes. Ce défaut est d'ailleurs assez féminin. Des passages très savoureux, d'autres mordants prouvent néanmoins que Mme Maryse Choisy ne manque point d'un certain talent. Mais pourquoi avoir dédié son livre à M. Edouard Herriot ?

Françoise Verdier in L'Africain n°128, 26 août 1932, p.7 :

Maryse Choisy, la plus audacieuse de nos femmes de lettres, est l'auteur des reportages les plus sensationnels. Elle a passé « Un mois chez les hommes », « Un mois chez les filles », « Un mois chez les bêtes », voilà qu'elle a passé aussi un mois ou plus parmi les financiers.
On sent qu'elle a beaucoup écouté, beaucoup observé... et aussi beaucoup retenu. Ce monde de la finance, si mystérieux, si plein d'autorité, on dirait qu'elle en a pénétré les secrets, et elle ne laisse pas de nous en dévoiler quelques-uns dans un style chaud et brutal, qui a quelque chose d'inquiétant, de sympathique comme l'auteur elle-même.

John Charpentier in Mercure de France n°845, 1er septembre 1933, p. 417-418 :

Il est abondamment question de maisons closes dans Le Veau d'or, par Mme Maryse Choisy ; et pourtant, les personnages de ce livre, des sommités de la phynance, comme disait le Père Ubu, devraient avoir les moyens de s'offrir des distractions moins démocratiques. On sait (par un précédent ouvrage) que l'auteur connaît bien ce dont elle traite ; mais elle en traite avec l'effronterie intarissable qui, le plus souvent, est un gage d'incompétence. Elle entre comme un âne dans un moulin dans le plus intime des personnalités les plus fermées à la curiosité qui soient et les mieux défendues. Elle pose pour les gros mots et l'image obscène, comme les ingénues qui jouent les rouées et routières afin de vous tirer l’œil. Ce défaut, superposé aux tics professionnels de la journaliste : épithète exagérée pour forcer l'attention, puissance à systématiser un ensemble, clarté qui n'est que bavardage superficiel, font d'elle une piètre romancière. On voit vaguement le financier Brutinel triompher du financier Silberstein et le contraindre à se suicider en se laissant tomber d'un avion (nous connaissons cela), puis se trouver si sot de n'avoir désormais nul travail l'occupant, qu'il se réfugie contre l'ennui dans les lieux de délices précités. Noms et incidents à clef, ou qui voudraient bien qu'on les crût à clef. Une Mme Pernod intervient là dedans avec l'à-propos du cheveu dans la soupe ; et, autant que j'aie compris, nous, gens de peu, devrions lui tresser des couronnes parce qu'elle tentait de nous libérer de la féodalité des banques qui, du reste, va mourir (pas moins). Il vaudra mieux que Mme Choisy s'en tienne, dorénavant, aux reportages, si elle ne veut pas perdre le petit renom qu'ils lui avaient gagné.

Ch. Bourdon in Revue des Lectures n°9, 15 septembre 1932, p.1042 :

I. — Romans mauvais, dangereux ou inutiles pour la généralité des lecteurs. — Maryse CHOISY, Le Veau d'or, Nouvelle Revue française. [...]
Mme Maryse Choisy, dont on connaît les singuliers reportages, vient de publier un « reportage-roman » qui a plus de prétentions et a demandé plus d'étude, Le Veau d'or.
Sous couleur de peindre les milieux financiers, elle a esquissé le portrait, ou plutôt la charge, de banquiers et de politiciens connus, auxquels elle a généreusement prêté les pires malhonnêtetés et les mœurs les plus abominables.
Ne désignant ses tristes héros que sous des sobriquets de son choix, elle a pu accumuler sur quelques têtes bien choisies toutes les ignominies.
C'est proprement immonde. Cela dépasse tout ce qu'on peut imaginer. Comment une femme peut-elle, ose-t-elle ?
« On doit le même outrage, disait-on jadis en vers pompiers, aux femmes sans pudeur qu'aux hommes sans courage ». Que dire d'une femme qui trempe sa plume dans de telles ordures ?
Or, le livre est partout en vente. Et il ne se trouvera personne, en France, ni parmi les parlementaires, ni parmi les pères de famille, pour en exiger l'interdiction immédiate...

F.R.D in La Semaine à Paris, 16 septembre 1932, p. 34 :

Mme Maryse Choisy est intelligente et sensuelle : l'émoi de la finance devait l'attirer. Et voici un ouvrage remarquable dans le dédale de la Bourse et les arcanes des grands financiers. Bréviaire d'aujourd'hui. Rythme, halètement des millions qui passent, des maisons qui sautent. Une passion : l'argent, et sa course facile. La chute est facile aussi. Maryse Choisy fait œuvre d'excellent journaliste.

Paul Martignon, in L'Archer n°9, novembre 1932, p.357

A part quelques esprits timorés qui pourront trouver dans ce nouveau roman de Maryse Choisy des pages ou des mots un peu raides, Le Veau d'or suscitera de réelles curiosités. Ce n'est pas à proprement parler un roman écrit selon le « Codex » littéraire. Plutôt une suite de tableaux agencés par des traits d'union assez factices ; kaléidoscope des gens de la finance, de la politique, une vue d'ensemble sur les grands problèmes dits internationaux et qui se résument à des batailles cruelles entre gros financiers. On reconnaît au passage des noms connus, très parisiens, très cosmopolites... L'auteur n'a pu les désigner par leur nom, mais le suicide de Silberstem, de la sociétaire Reyna, la détention arbitraire — paraît-il — de Mme Ponod, rappellent des événements récents.
Mais ce que l'on trouvera dans le Veau d'or, c'est le sens aigu, ironique et subtil d'observation, c'est surtout une langue claire, imagée, brutale comme un coup de gong. Ce roman fait songer à Zola et à Dostoïewski, dit le communiqué. A Zola, peu, le style de Mme Maryse Choisy est infiniment plus léger ; au romancier russe, davantage, car toutes ces figures d'une humanité riche et sadique ne sont pas belles. C'est un livre infiniment triste, infiniment vrai... hélas !